«We grow money, We eat money, We shit money» / Spéciale MCD Magazine

 

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« Changer l’argent »

C’est le titre du dernier numéro de MCD,
signé par l’artiste Shu Lea Cheang.

Entièrement consacré à l’argent post-internet et titré «We grow money, We eat money, We shit money»
(rédactrice en chef invitée : l’artiste Shu Lea Cheang, assistée par la journaliste Annick Rivoire)
ce numéro propose 33 visions et textes d’artistes, de théoriciens et d’acteurs de l’Internet,
qui s’intéressent à la nouvelle situation monétaire.

Depuis la crise financière globalisée des subprimes sont apparues des initiatives indépendantes,
localisées ou électroniques, artistiques ou associatives
 qui redéfinissent notre rapport à l’argent.
Le bitcoin signe la fin du tabou sur l’argent,
le réseau devient la banque de tous et par tous, tandis que les crypto-monnaies
ouvrent une alternative aux économies traditionnelles.

 


RADIOMARAIS s’associe à la sortie MCD76

et vous propose 4h de direct en compagnie de l’équipe MCD.


 

MARDI 20 JANVIER // 15H à 17H
BAISE EN VILLE SPECIAL MCD

Les invitées :

– Shu Lea Cheang  (Rédactrice en chef)
– Annick Rivoire  (Conseillère éditoriale)
– Anne-Cécile Worms (Directrice de la rédaction)
&
Musical Pure Data Remix by HUMAN KOALA

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MARDI 20 JANVIER // 19H à 21H

Économie solidaire de l’art @ LA GAITE LYRIQUE

MCD invite le groupe Économie solidaire de l’art (@ecosolidaireart), qui propose
une nouvelle approche de la rémunération des artistes et des professionnels de l’art en France,
à présenter leur démarche et à en discuter pour la première fois en public. L’EVENT FACEBOOK ICI 

Mise en voix par Thierry Fournier (organisateur de l’Event) & Xavier Faltot.

Les invités sont
– Directrice de la rédaction MCD : Anne-Cécile Worms
– Rédacteur en chef : Laurent Diouf
– Rédactrice en chef invitée pour le n°76 : Shu Lea Cheang
– Conseillère éditoriale pour ce numéro : Annick Rivoire

Et Ann Stouvenel (commissaire d’expositions),
Ariel Kyrou (écrivain et journaliste) et
Jean-Baptiste Naudy (artiste, Ateliers Populaires de Paris).

Pour découvrir ou relire le projet, aller sur http://www.economiesolidairedelart.net/


 


Changer l’argent !

La crise économique de nos sociétés globalisées a au moins une conséquence positive : elle pousse citoyens, artistes et activistes à se coltiner la question de l’argent. Trouver des alternatives, inventer de nouvelles formes d’échange et même dépasser la monnaie : « Changer l’argent » dresse l’état des lieux de cette réappropriation collective, électronique et partagée de l’argent.

La première bulle spéculative de l’histoire de la finance mondiale remonte au XVIIème siècle, on l’a appelée Tulipomanie. En Hollande, le cours du bulbe de tulipe grimpe alors de manière démesurée pour atteindre un point culminant en 1637 : un bulbe vaut alors plus qu’un tableau de Rembrandt… L’origine de cette première crise spéculative (puisqu’évidemment le bulbe et la bulle se sont dégonflées, entraînant une crise économique) est à mettre sur le compte d’une forme d’hystérie spéculative.

L’argent, la valeur, l’échange monétaire… Ces concepts ont pendant longtemps été exclus du champ des nouveaux médias, comme si l’Internet et l’art en réseau s’émancipaient de ces questions, vivaient non pas d’amour et d’eau fraîche mais de silicium et de bits, dans une utopie d’intelligence collective détachée des contraintes économiques. D’un côté, la crise financière mondiale –depuis les subprimes aux Etats-Unis jusqu’à la dette souveraine en Europe en passant par les économies spéculatives chinoises–, de l’autre, l’émergence de monnaies alternatives cryptées de type bitcoin, ont montré que la mondialisation était elle aussi un moment « idéal » pour une déconnexion entre flux d’argent et flux de personnes et de biens. Les algorithmes qui permettent aujourd’hui une démultiplication de la puissance de calcul de nos ordinateurs ont œuvré à ce même décrochage dans le domaine des marchés financiers. Les flux monétaires spéculatifs vont plus vite que ce qu’humainement l’économie produit. Faute d’avoir contemplé, étudié, pris à bras le corps la question de l’argent, les théoriciens de l’information se sont retouvés bien attrapés, la crise une fois venue…

Changer l’argent –We grow money, we eat money, we shit money. Le numéro 76 de MCD observe et vous présente un évantail de propositions, d’actions, de réflexions autour de l’argent à l’ère des réseaux. La tulipe hier, une marchandise fort éloignée de l’idée de devise, l’ail aujourd’hui, brandi joyeusement et furieusement comme valeur d’échange (1) : l’argent pousse et grandit grâce à des initiatives artistiques, hactivistes, alternatives. Le magazine MCD nous a invitées à investir ses pages –une artiste hacktiviste américaine vivant à Paris et travaillant partout sur le Net et dans le monde, Shu Lea Cheang, et la fondatrice du média des cultures hacktives en ligne Poptronics, Annick Rivoire. De Grèce, d’Allemagne, d’Autriche, d’Argentine, du Brésil, d’Afrique, d’Espagne, de Grande-Bretagne… artistes et théoriciens, journalistes et citoyens hacktivistes ont contribué à ce panorama de l’argent à l’ère des réseaux décentralisés. Changer l’argent a été conçu et pensé résolument international, en réseau, et en trois parties.

We grow money (nous cultivons l’argent) étudie des initiatives de monnaies alternatives citoyennes et/ou artistiques, comme la livre Lewes, monnaie locale de cette petite ville anglaise à l’histoire révolutionnaire, comme le Gibling, monnaie de troc d’un collectif punk autrichien ou comme l’Afro, devise virtuelle unique du continent africain. En temps de crise, les réponses sont multiples : les artistes créent des banques, de la monnaie, des citoyens inventent des alternatives aux systèmes institutionnalisés, l’argent prend une autre valeur (on dépense localement, on fait pousser l’argent…).

We eat money (nous mangeons l’argent) propose une société qui fait fi de l’argent, soit parce que le système s’est tout bonnement effondré, comme ce fut le cas en Argentine dans les années 1990, soit que les communautés s’en méfient et construisent des alternatives, comme la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes en France, qui se préoccupe concrètement de défaire l’économisme en cultivant des patates et en moulant de la farine… En Grèce, les banques du temps inventent un autre rapport d’échange, non marchand, de savoirs et compétences depuis la crise de la dette. En Espagne, l’artiste Nüria Güell distribue son précis de désobéissance fiscale. Dans le monde feutré de l’art contemporain, Kate Rich commerce avec son Feral Trade, qui retourne « l’excédent de vacuité de l’art ». En France, les artistes se prennent en main pour évoquer une forme d’« Economie solidaire de l’art » afin d’améliorer leur situation économique. Une chose est certaine, 2015 et l’expansion du bitcoin signent bien la fin du « tabou de l’argent », comme le proclame l’artiste et activiste Jaromil.

Depuis l’introduction du bitcoin et des monnaies dites alternatives (sans banque centrale ni Etat souverain), la donne a changé. Alors que nous entrons dans l’ère des banques en réseau et des « alt-coins », ces crypto-monnaies décentralisées, Changer l’argent pose la question de l’avenir post-internet des monnaies. We shit money (au feu l’argent !) pose les questions théoriques, pratiques, politiques, du moment : faut-il encenser le bitcoin, doit-on contrôler l’expansion des monnaies virtuelles, la valeur des transactions virtuelles fait-elle du silicium le nouvel étalon or du XXIème siècle ? Va-t-on vers une société sans régulation monétaire ? L’argent en P2P, le crowdfunding, les crypto-monnaies sont-ils l’avenir de l’économie ? Doit-on aller plus loin, vers une économie zéro, un euro zéro ? L’époque est à la germination des crypto-monnaies open source.

Shu Lea Cheang et Annick Rivoire

(1) L’Agliomania, projet de Shu Lea Cheang, lire page 16.

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